500 vélos électriques en libre-service à Mons, quid du stationnement ?
500 vélos électriques en libre-service à Mons, quid du stationnement ?
Avello Mons s’était réjoui en février de l’annonce de l’échevine de la Mobilité, Catherine Houdart, concernant 500 vélos électriques en libre-service à déployer durant l’été 2026. Une initiative qui pourrait augmenter considérablement la part modale du vélo à Mons. Même si ce projet est pour l’instant en suspens, la réflexion sur le stationnement sur la voie publique de 500 vélos supplémentaires ne mérite de son côté pas d’être reportée.
La mise à disposition de vélos électriques en libre-service présente des avantages bien connus : diminution des embouteillages, amélioration de la qualité de l’air et réduction du coût collectif des soins de santé.
Nous nous interrogeons cependant sur l’absence de consultation à Mons : pourquoi cette décision importante pour les cyclistes n’a-t-elle pas été présentée à Avello et aux autres partenaires de la mobilité cyclable lors du Conseil Consultatif du Vélo (CCV) du 13 janvier dernier ?
Des centaines de vélos stockés en rue
500 vélos d’une société privée dans le centre-ville relativement compact de Mons, cela soulève des questions. Avec un système de stationnement libre, cela signifie en moyenne plus d’un vélo par rue.
Une question essentielle aurait dû être abordée au CCV : comment absorber 500 vélos supplémentaires dans l’espace public ?
L’infrastructure existante ne pourra pas accueillir ces nouveaux vélos : il manque plusieurs centaines de places.
Une voirie inadaptée
Comme ces vélos n’ont pas besoin d’être attachés, ils risquent d’être abandonnés en stationnement sauvage sur les trottoirs plutôt que stationnés sur un arceau.
Les aménagements récents ont supprimé des trottoirs pour mettre l’intra-muros de plain-pied avec la chaussée. Or, comme nous l’avons déjà signalé au CCV précédent, ce choix pose problème : le volume de trafic motorisé et la signalisation actuelle (limitation à 30 km/h avec priorité aux voitures) ne conviennent pas à cette configuration.
Avec 500 vélos supplémentaires stationnés en rue jour et nuit, nous craignons que les piétons ne soient régulièrement contraints de circuler sur la chaussée, où ils ne sont ni prioritaires ni en sécurité.

Un obstacle sur un trottoir étroit force deux piétons à circuler sur la chaussée, dans une zone de plain-pied où le traffic motorisé est prioritaire
Les guides techniques sont clairs : ce type d’aménagement devrait s’accompagner d’une limitation à 20 km/h et d’une priorité effective aux piétons (zone de rencontre), leur permettant de circuler en sécurité sur l’ensemble de la voirie.
Nos propositions
Nous identifions deux solutions complémentaires :
- Augmenter considérablement l’offre de stationnement libre. Une solution simple consiste à utiliser les nombreuses zones neutralisées qui assurent une bonne visibilité à moins de 5 mètres d’un passage piéton ou d’un carrefour. Contrairement aux voitures, les vélos stationnés ne bloquent pas la visibilité.
- Adapter la signalisation de l’intra-muros en zone de rencontre : 20 km/h avec priorité aux piétons. Cela permettrait d’offrir davantage de sécurité aux piétons lorsque des obstacles se trouvent sur les trottoirs (poubelles, affichage commercial, terrasses ou… vélos en libre service), ou de manière générale si le trottoir est trop étroit pour y circuler.
Conclusion
Les décisions positives pour la mobilité montoise ne doivent pas être compromises par un manque d’anticipation. C’est pourquoi nous transmettrons ces observations à Madame Houdart et au CCV.
Nous referons le point sur la situation lors de l’arrivée des vélos en libre service annoncés.