Améliorer l’intermodalité train-vélo dans l’Eurométropole

Améliorer l’intermodalité train-vélo dans l’Eurométropole

25 mars 2026 · Hélène Van Ngoc

Gare parfaite version finale (2)-1

Chaque jour, sur le territoire de l’Eurométropole (Tournai, Kortrijk, Lille), des milliers de personnes traversent la frontière. Pourtant, seuls 5% de ces déplacements s’effectuent en transports en commun, et l’usage des modes actifs demeure marginal. Améliorer la mobilité transfrontalière fait partie des missions que le Forum de l’Eurométropole s’est fixée.

En 2023, l’Eurométropole avait déjà réalisé une étude visant à identifier les discontinuités dans les itinéraires cyclables du territoire frontalier et à formuler des recommandations. Celle-ci avait relevé que les aménagements étaient souvent interrompus entre les différentes régions, mais aussi que les signalétiques divergeaient et que des disparités existaient dans le développement des points-nœuds. À la suite de cette étude, une liaison cyclable entre les gares de Mouscron et Tourcoing avait vu le jour dans le cadre du projet Interreg Cycloconnect.

Dans la continuité de cette initiative, le Forum de l’Eurométropole a mis en place un Atelier Mobilité. Celui-ci  réunit une dizaine de membres issus de la société civile, du monde académique, culturel et associatif. Le groupe local Avello Mouscron y a d’ailleurs été associé, permettant d’identifier avec précision les besoins des usagers cyclistes afin d’y répondre au mieux.

La mission de cet Atelier Mobilité consiste à formuler des réflexions et des propositions pour améliorer les politiques liées à la mobilité. Les premiers travaux ont porté sur la question ferroviaire transfrontalière, avec pour objectif de rendre le train plus attractif que la voiture. Dans ce contexte, le vélo a été identifié comme une excellente solution pour parcourir le « dernier kilomètre », c’est-à-dire la distance entre le domicile et la gare, ainsi qu’entre la gare et le lieu de destination.

Parmi les difficultés rencontrées par les navetteurs et navetteuses figurent les conditions d’emport du vélo et les suppléments tarifaires élevés entre les différentes régions, des aménagements cyclables inadaptés pour accéder aux gares, une faible capacité d’accueil des vélos (pliants ou non) à bord des trains, la saturation des rames aux heures de pointe, une signalétique peu lisible, ainsi qu’un manque de parkings vélos sécurisés et gratuits (ou à faible coût).

De nombreuses propositions ont été formulées pour améliorer l’intermodalité vélo-train :

  • L’intégration systématique de l’avis des usagers et des associations concernées en amont de tout investissement ou de toute modification de services ;
  • L’harmonisation des conditions d’accès et de tarification des vélos à bord des trains, ainsi que l’augmentation de la capacité d’emport ;
  • La mise en place d’un système de vélos en libre-service ;
  • La gratuité ou des tarifs réduits pour les parkings vélos sécurisés, accompagnée d’une augmentation de leur capacité ;
  • L’installation d’une signalétique claire et harmonisée en gare, orientant vers les pôles multimodaux, y compris ceux desservant la zone transfrontalière ;
  • La création d’aménagements cyclables de qualité vers et au départ des gares.

Une présentation de cette démarche a eu lieu à la mi-février 2026, et les travaux ont été bien accueillis par une assemblée politique de l’Eurométropole réunissant des représentants aux niveaux fédéral, intercommunal, communal, provincial, ainsi qu’au sein des départements et de la métropole (France).

Reste donc à espérer que ces recommandations aboutiront à des changements concrets.

L’ensemble de l’étude est disponible via ce lien : https://www.eurometropolis.eu/fr/participation/atelier-mobilite-du-forum