Alors, va-t-on devoir dormir avec son vélo ?

Alors, va-t-on devoir dormir avec son vélo ?

Auderghem - 2016 - Velobox 1

Le nombre de cyclistes à Schaerbeek a considérablement augmenté ces dernières années. La commune peut s’en féliciter. Aujourd’hui, cette évolution positive risque de s’arrêter, notamment en raison du manque criant de places de stationnement sécurisées pour les vélos.


EN BREF

  • Le vélo se développe rapidement à Schaerbeek, mais le manque de stationnements sécurisés risque de freiner cette évolution positive.
  • Énormément d’habitants peinent à trouver une place sûre et confortable pour leur vélo.
  • Avec près de 2 000 personnes sur liste d’attente pour un emplacement dans un box vélo, Schaerbeek fait face à la plus grande pénurie de stationnement de la Région bruxelloise.
  • La commune de Schaerbeek a fait le choix politique de ne plus installer de box vélos sur des places stationnements automobiles. Cette décision prive dès lors la commune du subside régional et conduit à financer, sur fonds communaux, des box vélos qui seront uniquement installés sur l’espace public réservés aux piétons.
  • Malgré cette urgence, la commune ne prévoit que 10 nouveaux box vélos, soit 50 places supplémentaires : une réponse largement insuffisante.
  • Nous demandons un véritable plan d’investissement pour développer le stationnement vélo et construire une commune plus agréable et plus vivable pour toutes et tous.
  • Pour interpeller la commune, rendez-vous en bas de cet article


Vous vivez dans un petit appartement. Que faire alors de votre vélo ? Le laisser dans les parties communes au grand dam des voisins, le traîner à travers la maison ou le laisser dehors, exposé aux intempéries ? Ou peut-être simplement vous passer de vélo, car tout cela représente vraiment trop de tracas…

Cette situation vous est familière ? Dans les quartiers densément peuplés, il est diffcile de trouver un endroit où stationner son vélo de manière sûre et pratique. Surtout à Schaerbeek, où le besoin est encore plus grand que dans les autres communes bruxelloises. Ce n’est pas seulement une frustration personnelle que beaucoup ressentent, mais c’est également ce qui ressort des chiffres officiels de Cycloparking (qui gère les parkings vélos au niveau régional). Au total, plus de 2000 citoyens schaerbeekois attendent de la commune une solution concrète en termes de stationnement vélo longue durée.

Et que fait la commune ? L’échevine de la mobilité, Justine Harzé, freine l’évolution du vélo. Au mieux, 10 nouveaux box vélos seront ajoutées… sur le trottoir. Il est temps d’appeler l’administration communale à en faire davantage !

 

L’importance d’un stationnement sécurisé pour les vélos

Les cyclistes doivent pouvoir garer leur vélo confortablement et sans risque de vol ou de dommages : des arceaux dans la rue pour les stationnements de courte durée et des parkings sécurisés et protégés pour les stationnements de plus longue durée. Pour encourager l’utilisation du vélo, il est essentiel d’investir dans des parkings sécurisés, particulièrement dans les quartiers urbains densément peuplés. Pour beaucoup de personnes, avoir un abri confortable et protégé pour son vélo est une condition nécessaire avant d’envisager l’achat d’un (bon) vélo.

Le défi à Schaerbeek

Aujourd’hui, Schaerbeek compte 195 box vélos, soit 965 places pour les vélos classiques et 4 places pour les vélos cargos. Si l’on ajoute à cela les parkings de quartier, comme celui à Pogge, et les places de stationnement partagées, on arrive à un total de 1 110 places de stationnement sécurisées pour l’ensemble de la commune.

Un beau chiffre ? Pour une grande commune comme Schaerbeek, c’est bien trop peu. Surtout quand on sait qu’il y a plus de personnes en attente d’une place qu’il n’y a de places disponibles. Selon les derniers chiffres de Cycloparking, 1 875 personnes sont sur la liste d’attente pour un emplacement pour un vélo classique et 154 pour un vélo cargo. Et ce ne sont là que les personnes qui ont déjà franchi les étapes administratives pour introduire une demande officielle. Les besoins réels sont bien plus importants. Comparé aux autres communes bruxelloises, le défi à Schaerbeek est tout simplement le plus grand de toute la région.

 

« Solution » proposée par la commune

Comment l’administration communale réagit-elle à ce besoin énorme ? Le budget prévoit à peine 50 000 euros pour des box vélos. Avec un coût d’environ 5 000 euros par box, cela signifie que seuls 10 nouveaux box seront ajoutés l’année prochaine. Cela représente exactement 50 places de stationnement supplémentaires pour une liste d’attente de près de 2 000 personnes. Une goutte d’eau dans l’océan.

Au début de cette année, la commune a lancé un appel aux habitants de Schaerbeek pour qu’ils proposent des emplacements pour les nouveaux box vélos. Les conditions posées à cet égard ont toutefois fait froncer les sourcils. Les suggestions doivent de préférence se situer hors des espaces verts ou des places de stationnement pour voitures.

L’Échevine de la Mobilité, Justine Harzé, affirme qu’il s’agit d’une condition sine qua non : on ne touche pas aux places de stationnement pour voitures. En refusant, par principe, (d’aucun diraient par idéologie) de ne pas installer de box vélo sur des places de stationnement pour voitures, l’Échevine sacrifie des espaces destinés à la promenade, au repos, au jeu et aux rencontres. Cyclistes et piétons n’ont qu’à se débrouiller entre eux. Pire, elle prive volontairement la commune de l’accès aux subventions de la Région pour qui la suppression de places de stationnements pour voitures est une condition stricte. La commune passe ainsi à côté de ressources financières importantes, de l’argent qu’elle aurait pu utiliser pour créer bien plus que ces maigres 50 places.

« La mobilité durable ne doit pas se faire au détriment d’un autre usage » affirme-t-elle. En se cachant derrière ce principe séduisant, elle ne fait en fait que freiner l’essor de cette mobilité durable, avantageuse pour toutes et tous. Quant à cette soi-disant volonté de « ne pas opposer les modes de transports » si fièrement affirmée, elle ne tient visiblement pas compte des piétons, car installer un box vélo sur le trottoir…

Installer un box vélos sur le trottoir sans que cela se fasse au détriment de l’espace réservé aux piétons, c’est pratiquement impossible dans une commune densément urbanisée comme Schaerbeek. Et surtout, cela ne respecte pas le principe STOP, principe toujours central dans le Plan Régional de Mobilité.

 

Exigences envers l’administration communale

En réponse, le Fietsersbond, Heroes For Zero et Avello formulent plusieurs demandes à l’attention des pouvoirs publics de Schaerbeek :

  • De véritables investissements plutôt que des mesures symboliques. Un budget de 50 000 euros est largement insuffisant par rapport aux listes d’attente. Il faut un plan pluriannuel assorti de chiffres concrets et d’un déploiement rapide. Et ce, en collaboration avec la Région et Cycloparking, afin d’accroître l’efficacité et l’impact.
  • La préservation de l’espace public. Le stationnement des vélos ne doit pas se faire au détriment de l’espace, déjà limité, réservé aux piétons ou des espaces verts du quartier.
  • L’utilisation des infrastructures existantes. Tenez la promesse faite dans l’accord de majorité « d’augmenter les possibilités de stationnement hors voirie par la création ou l’utilisation partagée des infrastructures existantes ».

 

Interpellez les pouvoirs publics

Pour exprimer votre avis, vous pouvez contacter l’Échevine de la Mobilité, Justine Harzé, ainsi que le Collège communal :

  1. Personnalisation cette lettre type
  2. Envoyer votre lettre :
    • par courrier, directement à la commune
    • par e-mail adressé à Justine Harzé (cabinet.harze@1030.be) et le Bourgmestre (bourgmestre@1030.be)

 

Cette action résulte d’une collaboration entre Heroes for Zero, le Fietsersbond et Avello. Ceci est un appel à la commune de Schaerbeek pour qu’elle protège à nouveau sa politique cyclable, et pas seulement quelques places de stationnement pour voitures. Plus de vélos et moins de voitures garantissent une ville vivable.