Déviation de la N50 à Ghlin : un soulagement… temporaire ?
Déviation de la N50 à Ghlin : un soulagement… temporaire ?
Depuis plusieurs semaines, les automobilistes de Ghlin ont pu constater une amélioration inattendue de leur quotidien : la déviation de la N50, mise en place le temps des travaux, a désengorgé des points noirs historiques comme le carrefour de la Porte de Ghlin ou le rond-point Warocqué. Mais cette fluidité retrouvée, saluée par les usagers, pourrait bien n’être qu’un mirage. Entre trafic induit, risques de pollution accrue et interrogations sur les alternatives à la voiture, la réouverture prochaine de l’axe relance un débat bien plus large : et si la solution aux embouteillages ne passait pas par toujours plus de bitume ?
À Ghlin, la déviation de la N50, mise en place durant les travaux de réhabilitation de la traversée, a laissé entrevoir une amélioration notable de la circulation. Aux heures de pointe, plusieurs points noirs — notamment le carrefour de la Porte de Ghlin et le rond-point Warocqué — ont été sensiblement fluidifiés.
Pour de nombreux usagers, le constat est sans appel : cet itinéraire alternatif a permis de désengorger un axe historiquement saturé. Sa réouverture prochaine semble donc, à première vue, une bonne nouvelle.
Mais ce répit pourrait être de courte durée.
Le piège du trafic induit
En matière de mobilité, l’expérience est bien connue : augmenter la capacité routière ne fait pas disparaître les embouteillages. Au contraire, elle tend à en recréer. Ce phénomène, appelé “trafic induit”, est largement documenté : une voirie plus fluide attire progressivement de nouveaux automobilistes, jusqu’à retrouver — voire dépasser — le niveau de congestion initial.
Autrement dit, la solution d’aujourd’hui pourrait devenir le problème de demain.
« Une fausse bonne idée » selon Avello
L’association Avello appelle à la prudence. Si elle reconnaît les effets positifs à court terme, elle met en garde contre les conséquences à plus long terme.
« Réouvrir une voirie peut donner un sentiment d’amélioration immédiate, mais sans politique globale de mobilité, cet effet s’estompe rapidement », souligne l’association.
Au-delà de la congestion, Avello pointe aussi des enjeux de cadre de vie : augmentation du bruit, de la pollution et des risques pour les usagers les plus vulnérables.
D’autres priorités possibles
Pour l’association, les investissements publics gagneraient à être réorientés. Plutôt que d’augmenter l’offre routière, elle plaide pour un renforcement des alternatives à la voiture.
Parmi les pistes évoquées : des aménagements cyclables sécurisés, une meilleure continuité des cheminements piétons ou encore des infrastructures facilitant les traversées, comme au niveau du pont de Ghlin.
Des solutions qui visent non pas à absorber davantage de trafic, mais à en réduire la nécessité.
Quel avenir pour la mobilité locale ?
La réouverture de la déviation de la N50 est une bonne nouvelle pour les automobilistes exaspérés par les bouchons. Mais attention : l’histoire montre qu’élargir une route, c’est souvent attirer plus de voitures – et se retrouver, quelques années plus tard, avec les mêmes embouteillages, la même pollution, et les mêmes frustrations.
Alors, que faire ? Continuer à tout miser sur la voiture, en espérant que « ça passera » ? Ou profiter de ce chantier pour enfin développer des alternatives crédibles – transports en commun plus fréquents, pistes cyclables sécurisées, covoiturage organisé ?
À Mons comme ailleurs, chaque mètre de bitume posé est un choix. Celui d’une ville où l’on subit la circulation… ou celui d’une ville où l’on choisit comment se déplacer. Le débat n’est pas que technique : c’est une question de vision pour l’avenir. Et c’est maintenant qu’il faut en parler