L’échangeur diamant de Mont-St-Guibert : une occasion manquée pour la future cyclostrade, mais…
L’échangeur diamant de Mont-St-Guibert : une occasion manquée pour la future cyclostrade, mais…
06 octobre 2026 · Nicolas Selfslagh, Avello Mont-St-Guibert et Avello Chastre
Un échangeur diamant a été inauguré à Mont-St-Guibert, entre la N4 et la N25. La construction de cet ouvrage colossal à 35 millions € s’est étalée sur trois ans et visait à remplacer un rond-point devenu inadapté à la charge de trafic automobile actuelle. Convié ce 2 octobre à l’inauguration, Avello revient sur la partie cyclable de cet aménagement routier.
Si l’ouvrage avait déjà été évoqué dans les années ’90, la conception et l’étude de celui-ci datent de 2017. Malheureusement, à cette époque, la fluidité du trafic automobile primait encore sur la fluidité (et la sécurité) de la mobilité active. On en voit le résultat aujourd’hui : les cyclistes qui veulent traverser cet échangeur doivent croiser quatre bretelles de 1 à 3 bandes, gérées par des feux de circulation ou par une simple traversée cyclable non prioritaire. Un grand regret, quand on sait que toute traversée – et à fortiori les traversées de plusieurs bandes – présente des risques pour les modes actifs et sont sources d’inconfort et de perte de fluidité.
Aux Pays-Bas, pour assurer la sécurité, le confort et la fluidité des déplacements des cyclistes, diverses solutions sont adoptées pour séparer les cheminements cyclistes et automobiles en supprimant toute traversée de chaussée à trafic important : pont cyclables (De Snelbinder à Naaldwijk, de Hovenring à Eindhoven), ou trémies cyclables passant sous les chaussées (de Koppeling à Houten, de Berekuil à Utrecht….). Ces dernières réalisations qui datent de plus de 15 ans n’ont visiblement pas su inspirer nos aménageurs nationaux.
Avello proposait des aménagements plus sécurisés
Sollicité sur ce projet en 2023 par le cabinet du Ministre Henry en charge de la Mobilité, Avello avait réalisé une étude de principe sur la faisabilité d’intégrer des trémies pour sécuriser et fluidifier le passage des cyclistes. Basée sur un schéma de principe similaire aux réalisations existant aux Pays-Bas, cette étude envisageait de rehausser la N4 de deux mètres sur la traversée du rond-point afin d’ajouter quatre trémies. Malheureusement l’avancement du projet excluait toute modification de ce type.
Le nouvel échangeur en diamant entre la N4 et la N25 illustre une fois encore l’occasion manquée d’avoir un aménagement en phase avec les standards de sécurité et de confort réalisables actuellement. Ce d’autant plus que cet aménagement ne sera pas modifié pour les décennies à venir, alors que l’étude de tracé de la cyclostrade reliant Bruxelles à Namur montre que celle-ci passera par cet échangeur.
Ces traversées multiples sont incompatibles avec les standards de qualité et de sécurité prônés pour ces liaisons. Quiconque empruntera cette future cyclostrade de Mont-St-Guibert à Wavre sera confronté, outre ces traversées à feux, à différents rond-points non prioritaires, à de nombreuses traversées automobiles au niveau de commerce… Le risque est donc grand de décourager les cyclistes potentiellement intéressés mais inquiets (qui représentent une partie significative de la population). La réalisation à postériori d’une traversée sécurisée nécessiterait un investissement sans commune mesure par rapport à ce qu’aurait coûté son intégration ab initio dans ce projet. C’est ce qu’avait déjà démontré la réalisation de la passerelle cyclo-piétonne au-dessus des Quatres-Bras à Tervueren.

Ce qui change (en bien) pour les cyclistes
La sécurité des cyclistes sur cet échangeur n’est certes pas ce qu’elle aurait pu être si l’avis des associations vélo avait été écouté dès l’origine du projet, mais Avello tient néanmoins à souligner la prise en compte des cyclistes dès le début des travaux : cheminements qualitatifs, synchronisation des feux avec détection des cyclistes pour optimiser l’obtention d’une phase verte…
Avello remercie également les différents intervenants pour la bonne collaboration et l’écoute dans le cadre de ce chantier: déviations clairement indiquées tant sur le terrain que sur le site de la Sofico. Quelques correctifs ont pu ainsi être apportés au niveau des cheminements, de l’éclairage, de l’évacuation des eaux de pluie, même si le revêtement des déviations temporaires restait inconfortable.
Nos groupes sont de plus en plus fréquemment conviés à des réunions avec les différentes Directions Territoriales et services du SPW, ce qui – espérons-le – est le signe d’une évolution durable des mentalités et d’un plus grande volonté de prise en compte de la mobilité cycliste dans les travaux d’infrastructures présents et à venir.

En savoir plus :
Sofico
Construire la Wallonie
RFbelgium