Et si on libérait la rue Hors-Château ? Du trafic de transit.
Et si on libérait la rue Hors-Château ? Du trafic de transit.
Avec l’arrivée du tram, renforçant l’offre en transport en commun sur l’axe de la Meuse, les transports en commun n’empruntent plus la rue Hors Châteaux, éloignant de fait l’une des principales raisons de maintenir la possibilité de transit de la rue.
On pourrait dès lors imaginer autre chose pour ces deux rues historiques du centre-ville de Liège.
C’est l’une des rues les plus emblématiques de Liège, reliant notamment les escaliers de Bueren à la Place du Marché, tout en offrant une série de monuments patrimoniaux exemplaires aux flâneurs. La rue Hors-Château symbolise presque à elle seule la beauté architecturale dont regorge la Cité Ardente.
En plus de ces qualités paysagères et urbanistiques (70 biens classés au patrimoine immobilier de la Région wallonne), la rue est jalonnée d’une dizaine de commerces, principalement HORECA, et surtout de nombreux d’établissements scolaires comptant près de 7000 élèves (Ecole d’Hôtellerie et de Tourisme, Collège Saint-Barthélemy, HELMO Sainte-Croix, Institut Sainte-Thérèse, Ecole Communale Crève-Cœur, Ecole Fondamentale communale Hors-Château, Centre Scolaire Saint-Barthélémy-Saint-Thomas).
Mais dans cette rue si particulière, on déplore bien souvent les problèmes de mobilité, particulièrement liés à la pression automobile, engendrant une pollution, surtout sonore, impactant les riverains du quartier.
Et cette densité du trafic automobile impacte directement la qualité de vie du quartier, la sécurité des usagers et particulièrement des nombreux enfants qui rejoignent leurs écoles et plus généralement de l’accessibilité de celles-ci en heures de pointe.
Car au-delà du trafic desservant les lieux d’attractivité de la rue, une part conséquente des automobilistes rejoignent la rue Hors-Châteaux depuis les quartiers Nord de la Ville pour ensuite rejoindre la Chaussée de Bruxelles, les zones périphériques et l’autoroute, utilisant ainsi cette rue historique ainsi que la – très étroite – rue du Palais comme by-pass de transit, parfois à des allures excessives notamment lié à la disposition de la voie (large artère en ligne droite).
L’insécurité liée à cette charge de trafic induit directement des comportements « sécuritaires » et une automatisation de la voiture pour déposer ces enfants à l’école par exemple, la mobilité active étant jugée trop dangereuse sur ce tronçon.
- Première proposition : la rue Hors-Châteaux en « tête-bêche ».
La première proposition insinuerait que la rue Hors-Châteaux changerait de sens au niveau de la rue Velbruck :
- Elle garderait son sens originale entre la place Crève-Cœur et la rue Velbruck
- Mais serait inversée sur la deuxième partie, la circulation se faisant dans le sens descendant
Cette proposition a le mérite de permettre aisément aux livreurs notamment et aux riverains de pouvoir continuer à rejoindre leur domicile ou commerce.
Elle risque néanmoins de subir tout de même du trafic partiel de transit sur sa partie reliée à la rue du Palais, même dans le sens inversé
La seconde proposition viendrait poser des potelets amovibles après la rue Velbruck : seules les personnes bénéficiant d’une passe ou d’une autorisation pourraient alors avoir accès à la deuxième portion de la rue et à la rue du Palais.
« Perte de temps pour les livreurs de la zone et les travailleurs du Palais de Justice » : moins de 30 secondes quand le trafic est modéré, mais potentiellement un gain de temps précieux en heure de pointe.
Ce sera effectivement un aspect plus technique pour pouvoir accéder à la zone, mais la commune connaît désormais ce système, celui-ci étant déjà en place rue des Mineurs.
Et cette deuxième option a le mérite d’apaiser entièrement une partie de la rue, d’y dégager ainsi la vue et d’y permettre la déambulation, notamment autour de la Montagne de Bueren.

Forcément, on a une petite préférence pour l’une des options.
Quelles conséquences en termes de mobilité ?
Les deux propositions limiteraient déjà les problèmes de vitesse dans la rue, la ligne droite étant coupée en deux.
Il faut bien se dire que ce plan de circulation pourrait avoir un impact conséquent et potentiel négatif dans un premier temps, et bien entendu rallonger les trajets d’une partie des déplacements de transit.
- Soit traversant le Pont Maghin, puis relier la rue Saint-Pholien et traverser le Pont des Arches. Ce trajet allonge relativement le trajet initial (2,9km au lieu de 1,8m depuis la Place des Déportés) mais pourrait impacter de manière conséquente l’itinéraire déjà fortement impacté par le trafic en heure de pointe ;
- Soite en remontant le boulevard Ernest Solvay, Hector Denis et le Boulevard des hauteurs. Il rallonge de manière conséquente le trajet (8,5 km au lieu de 2,5 km depuis la Place des Déportés) mais semblerait moins impacter le trafic. Il pourrait néanmoins impacter le quartier Saint-Léonard en y renforçant le trafic de transit. Des mesures devraient également
… Mais qu’elle peut avoir un effet considérable sur les changements de comportement de mobilité dans le centre-ville, et ainsi avoir un effet vertueux global ayant un impact plus positif que les rallongements de trajet.
Le trafic n’est pas liquide, il est gazeux.
Dans le cas de nouvelles contraintes de déplacement qui dure dans le temps (plus de trois mois), le trafic a tendance à s’évaporer : une partie suffisante des déplacements automobiles est soit décalée à des horaires différées (lorsque cela est possible de déplacer l’horaire du déplacement), soit remplacée par un autre mode de déplacement (lorsque cela est possible).
Cela rendrait surtout dans cette zone du centre les déplacements à pied et à vélo beaucoup plus faciles, confortables et sûrs.
Par ailleurs, l’apaisement de cette zone – surtout dans le second scénario – est largement bénéfique pour l’accessibilité et la sécurité aux abords des écoles. Et permettrait ainsi aux étudiant.e.s, parents, et travailleur.e.s de la rue d’y accéder beaucoup plus sereinement.
Et permettre ainsi à une rue historique et centrale de Liège de (re)devenir un espace accueillant, sécurisé, apaisé et retrouvé pour les riverains et les usager.e.s de la rue.

En attendant, des préconisations du Comité de Quartier qui peuvent déjà avoir un impact.
Des changements profonds qui ne doivent pas occulter des propositions concrètes et « simples » proposé par le Comité de Quartier des 840 marches et pouvant déjà agir sur la réduction du trafic de transit dans la rue :
- La mise en place de radars
- Entre la rue Crève-Cœur et la rue de la Poule
- Entre la rue Velbruck et la rue des Mineurs
- Rue du Palais, en amont de la rue Pierreuse
- Le passage de la rue en zone à 20km/h, a minima en renforçant l’indication de la zone 30
- Le rétrécissement de la largeur de la chaussée entre la rue Velbruck et la rue du Palais, en transformant le stationnement en latéral en un stationnement en bataille (les voitures sont garées en perpendiculaire de la chaussée).