Rond-point Louise: pas de marche arrière!
Rond-point Louise: pas de marche arrière!
Pour savoir la direction vers laquelle on souhaite aller, il est parfois utile de se souvenir d’où on vient. Dans le cas du rond-point Louise, l’objectif est de ne pas reproduire les erreurs de jugement qui peuvent avoir des conséquences dramatiques. Avello et le Fietsersbond plaident pour un rond-point qui ne laisse pas de place aux drames tels que celui qu’on a connu en 2017.
Des travaux de réaménagement du rond-point Louise ont été annoncés pour bientôt. Plusieurs phases de test ont été faites, une enquête publique a eu lieu (relayée par Avello), un permis d’urbanisme a été accordé et les budgets sont là. Rien ne devrait donc empêcher le relifting de ce noeud routier.
Pourtant, dans le jeu des majorités politiques, certains souhaitent revenir sur des plans validés et remettent en question le maintien d’une bande unique de circulation pour les voitures sur le rond-point, malgré que cette disposition offre aux autres usagers une plus grande sécurité.
Pour Avello et le Fietsersbond, les réaménagements de l’espace public impriment une direction à long terme pour la mobilité des Bruxellois·es, il est donc impensable que le rond-point Louise représente un danger pour les usagers piétons et cyclistes comme cela fut le cas par le passé.
Un peu d’histoire
Reconnu comme carrefour accidentogène où trams, bus, poids lourds, voitures, cyclistes et piétons sont contraints de cohabiter, le rond point-Louise disposait à l’origine de trois bandes pour les voitures… et rien pour les cyclistes. Une « Zaca » (zone à concentration d’accidents) connue et reconnue de tous.
Afin d’améliorer la situation, un aménagement temporaire fut alors installé, réduisant la circulation automobile de trois à une bande. Un rééquilibrage nécessaire qui fut malheureusement de courte durée. Au nom d’une supposée fluidité du trafic, l’aménagement temporaire fut démonté fin 2016. Avello et le Fietsersbond avaient alors interpelé les responsables politiques de l’époque dans un courrier resté sans réponse.
Les conséquences de ce manque criant de vision politique ne se firent pas attendre longtemps : quelques mois après le démantèlement de l’aménagement temporaire, un poids lourd y écrasait une cycliste de 24 ans. Avello et le Fietsersbond avaient à l’époque pointé du doigt la lourde responsabilité de la Ville de Bruxelles et du Ministre dans ce accident qui aurait pu être évité. « La transformation du rond-point Louise en un endroit sûr, accessible à tous les modes actifs doit devenir une priorité dans le chef de nos décideurs politiques et la triste actualité nous le rappelle » avaient-ils communiqué à la presse. Malgré l’émoi suscité par cet événement, il faudra attendre 2020 pour que le rond-point Louise bénéficie d’un nouvel aménagement temporaire plus sécurisant pour les usagers du vélo.

Soutenons la pratique du vélo
La fluidité du trafic autour du rond-point Louise n’a jamais existé. La congestion automobile y est attestée depuis les année ’50[1]. Même avec trois bandes de circulation, Louise a toujours été un goulet d’étranglement. Prétendre qu’ajouter une bande de circulation résoudra la congestion automobile est mensonger. Ce qui ne l’est pas, c’est que la pérennisation du nouvel aménagement offrira plus de sécurité pour les piétons et les usagers du vélo.
Car aujourd’hui, les aménagements cyclables de la petite ceinture ont démontré leur pertinence : les Bruxellois·es sont de plus en plus nombreux·es à les emprunter et l’usage du vélo comme outil de déplacement à Bruxelles ne cesse d’augmenter. Ces usagers ont le droit de se déplacer en toute sécurité, sur l’entièreté de leurs trajets, ronds-points et carrefours compris.
Mais le réaménagement du rond-point Louise ne répond pas uniquement à un enjeu de sécurité routière : il concerne aussi l’attractivité et la vitalité commerciale du quartier. Contrairement à une idée encore largement répandue, les commerces des avenues Louise et de la Toison d’Or ne dépendent pas majoritairement de la voiture. Une enquête menée en 2021 par Hub.Brussels révélait qu’un quart seulement des clients s’y rendent en voiture, tandis que les trois quarts restants viennent à pied, à vélo ou en transports en commun[2]. Améliorer les conditions de déplacement de ces usagers ne relève donc pas uniquement d’une question de confort ou de sécurité, mais revient aussi à soutenir la majorité réelle de la clientèle qui fréquente ces commerces. Ces données rappellent une réalité simple : rendre un quartier plus agréable, plus sûr et plus accessible pour les piétons, les cyclistes et les usagers des transports en commun ne pénalise pas les commerces, au contraire.
Le principe STOP, une variable d’ajustement ?
Le Principe STOP classe les modes de déplacement par ordre de priorité pour favoriser d’abord les déplacements à pied, à vélo, en transport en commun et en dernier lieu aux voitures individuelles. Ce principe a été officiellement adopté par le Gouvernement bruxellois depuis plusieurs années maintenant.
Il ne s’agit pas d’une variable d’ajustement, mais bien d’un pilier permettant de construire une mobilité plus respectueuse de toutes et tous. C’est sur ce principe que le plan de réaménagement du rond-point Louise a été pensé, et c’est ce principe que certains voudraient remettre en question. Ce qui est impensable pour Avello et nous avons eu l’occasion de le rappeler sur le plateau de Versus, sur BX1 le 20 mai 2026.
[1] https://www.petiteceinture.be/place-louise/
[2] Baromètre des noyaux commerçants. hub.brussels, 2021