Le vélotaf, en plein essor en Flandre et à Bruxelles, perce un peu en Wallonie
Le vélotaf, en plein essor en Flandre et à Bruxelles, perce un peu en Wallonie
Selon la dernière grande enquête sur les déplacements domicile-travail du SPF Mobilité, ce sont désormais 16,5% des travailleurs qui vont au boulot à vélo en Belgique (contre 8% en 2005). Mais avec des disparités régionales assez fortes : 24% en Flandre, 9% à Bruxelles et 3,2 % en Wallonie. Une croissance tirée donc par le nord du pays surtout.
L’enquête du SPF Mobilité se nourrit des données communiquées obligatoirement tous les 3 ans par les employeurs belges de plus de 100 personnes concernant les déplacements de leurs employés. Elle ne prend donc pas en compte les petites et moyennes entreprises. Malgré tout, l’image globale qui s’en dégage est assez éclairante, au vu du grand échantillon concerné : 1,8 millions de personnes. Ces données permettent au SPF Mobilité de produire périodiquement un rapport. Le dernier en date, qui couvre l’année 2024, vient de sortir.
Attention toutefois que cette enquête ne prend en compte que le mode principal de déplacement domicile/travail. La part du vélo y est donc sous-estimée. Dans une autre enquête, le SPF estime à 12 % le nombre de personnes qui vélotaffent occasionnellement en Belgique, et à 7 % partiellement (jusqu’à une gare par exemple). Le nombre réel de Belges qui utilisent au moins en partie un vélo pour aller travailler serait donc plutôt de 35%. Un chiffre plus impressionnant.
Une situation contrastée entre régions

En 2024, la part des déplacements à vélo vers le lieu de travail a atteint 24% en Flandre (21% en 2021), 9,4% à Bruxelles (7,2% en 2021) et 3,3% en Wallonie (2,4% en 2021). Ce sont donc essentiellement Bruxelles et, surtout, la Flandre qui tirent la moyenne belge vers le haut.
En Flandre, le vélo occupe depuis longtemps la 2e place sur le podium devant les transports en commun. Les vélotaffeurs y sont trois fois plus nombreux que les navetteurs en train/tram/bus. Serait-ce l’effet d’une politique vélo de long terme et d’un budget conséquent consacré aux infrastructures cyclables (plus de 300 millions € par an ces dernières années) ?
À Bruxelles, le vélo se classe toujours 4e, mais affiche une belle progression. Surtout qu’il y a 20 ans, il culminait à… 1%. On se réjouit également que les transports en commun y représentent désormais 54% des déplacements domicile/travail. La politique de mobilité alternative ambitieuse de la Région bruxelloise semble donc porter des fruits.
En Wallonie, le vélo se classe également 4e. Mais la progression y est très lente, et seules quelques grandes villes font mieux que la moyenne générale (5,5% à Liège, 4% à Namur). Contrairement à ce que l’on entend souvent ce ne sont pas les distances à franchir vers le boulot qui seraient vraiment plus importantes en Wallonie qu’en Flandre (voire le climat). La distance moyenne domicile/travail est en effet de 17,6 km en Flandre contre 18,7 km en Wallonie. Une différence d’à peine un kilomètre !
Ce qui pénalise surtout la Wallonie c’est un manque criant d’aménagements cyclables sécurisés, confortables et adéquats et de réduction des vitesses (30km/h en agglomération et 70/80 km/h en dehors), comme le confirment les freins à la progression du vélo déclarés par les employeurs/employés eux-mêmes :

Les performances par villes

On voit clairement sur ce graphique que Bruxelles se détache parmi les villes francophones, tandis que Liège prend la tête des villes wallonnes où on fait le plus de vélotaf. On reste toutefois assez loin des villes flamandes, même des moins performantes.
Les mesures prises par les employeurs
Parmi les mesures d’encouragements au vélo, le SPF relève que 97% des employeurs (de + de 100 personnes) accordent l’indemnité kilométrique vélo. Du côté du stationnement, 77% des travailleurs ont accès à un parking vélos sécurisé (67% en Wallonie) et 89% à un parking couvert (74% en Wallonie). Le leasing vélo est quant à lui accessible à 33% des employé·es (15% en Wallonie, 43% en Flandre), ce qui contribue aussi à booster l’usage du vélo vers le lieu de travail.
Du côté des transports en commun, 59% des employeurs offrent la gratuité totale. Mais, malgré celle-ci, leur utilisation n’est pas en croissance… Dans un autre rapport récent, le SPF relève aussi des voitures salaires accordées à 15% des travailleurs en Belgique (contre 7% il y a 15 ans). Un incitant qui ne contribue pas à la décroissance des déplacements en voiture.
Enfin, du côté du télétravail qui contribuerait à diminuer le nombre de déplacements domicile/travail, le SPF note ceci :
La part de télétravailleurs varie selon le mode de déplacement. Le télétravail est pratiqué en grande partie par des usagers du train par exemple. L’effet positif du télétravail ne compense aussi que partiellement l’augmentation du nombre de travailleurs (+18% en 20 ans). Le nombre de déplacements individuels en voiture n’a donc diminué que de 2,3 % en 20 ans, alors que le nombre total de trajets en voiture a baissé de 4,5 % grâce au glissement vers d’autres modes de déplacement.