Lotissement Jazy : une menace directe pour la mobilité douce à Grez-Doiceau
Lotissement Jazy : une menace directe pour la mobilité douce à Grez-Doiceau
Le projet de 27 maisons porté par Jazy SA suscite une forte inquiétude des associations locales de mobilité active. Après analyse, Tous à Pied et Avello dénoncent un aménagement qui compromet la sécurité des usagers faibles, augmente le trafic et contredit les engagements communaux en matière de mobilité durable.

Consultez l’étude que nous avons réalisée.
Dans le cadre de l’enquête publique relative au projet de lotissement de 27 maisons unifamiliales entre la rue du Stampia et la rue de la Sainte du Chêne, les sections locales de Tous à Pied et d’Avello ont examiné en détail les impacts sur la mobilité. Leur conclusion est claire : le projet détériore la sécurité et la qualité des déplacements, en contradiction avec la Déclaration de Politique Communale (2024-2030) et les objectifs du Programme communal de développement rural.
La création d’une nouvelle voirie constitue l’un des points les plus problématiques. Prévue en sens unique et limitée à 20 km/h, elle traverse un axe cyclable régional prioritaire, mais sans en respecter la logique. Les aménagements imposent des angles droits peu adaptés aux cyclistes, leur retirent toute priorité et négligent les piétons comme les cavaliers pourtant autorisés sur ce chemin partagé. Malgré les promesses de l’Étude d’Incidences sur l’Environnement, les dispositifs proposés, notamment au carrefour avec la rue du Stampia, risquent davantage d’accroître les conflits entre usagers que d’améliorer la sécurité.
Le projet entraînera également une augmentation significative du trafic. L’estimation réaliste évoque au moins 57 véhicules supplémentaires, bien au-delà des chiffres avancés dans l’étude. Cette hausse pèsera sur un carrefour déjà jugé dangereux, dépourvu de trottoirs, et sur des zones très fréquentées par les jeunes, comme l’Espace Jeunes, le club de football et le skatepark. La nouvelle voirie pourrait en outre encourager un trafic de transit vers l’école Saint-Joseph, située à proximité, en offrant un raccourci attractif et des parkings en suffisance.
Les aménagements prévus pour les modes actifs présentent de nombreuses lacunes. Pour la nouvelle voirie, des revêtements potentiellement inadaptés aux personnes à mobilité réduite pourraient créer des difficultés pour les personnes à mobilité réduite. Les accès piétons vers le Ravel comportent des marches, là aussi incompatibles avec la circulation des PMR. Les caractéristiques précises des cheminements restent floues, tout comme le sort du sentier communal traversant le site. Quant à la rue de la Sainte du Chêne, les améliorations envisagées — trottoir et bande cyclable — reposeraient sur un financement communal, malgré une largeur de voirie limitée. Le chantier lui-même soulève aussi des inquiétudes, notamment en raison du passage de camions à proximité d’équipements sportifs et de loisirs.
Enfin, le projet apparaît en décalage avec les engagements pris par la commune. Alors que la politique communale vise à renforcer la sécurité, l’accessibilité et les modes actifs, ce lotissement introduit de nouvelles contraintes d’entretien et fragilise les déplacements autour de lieux fréquentés par les jeunes. Des propositions d’amélioration formulées lors d’une visite de terrain en 2024 n’ont par ailleurs pas été intégrées au dossier.
Face à ces constats, les associations demandent soit le refus du permis, soit une révision en profondeur du projet. Elles appellent notamment à la réalisation d’une étude de trafic indépendante, à la mise en place d’aménagements réellement favorables aux cyclistes et aux piétons, à la sécurisation complète de la rue de la Sainte du Chêne et à une clarification du statut des sentiers concernés.
N.b. Nous regrettons que l’auteur de l’étude d’incidence n’est pas fait ces recherches, accessibles à tous.
Elles invitent enfin les citoyens à participer à l’enquête publique, afin de défendre une mobilité cohérente avec les ambitions locales en matière de durabilité.