Pourquoi Bruxelles doit investir dans le stationnement vélo sécurisé
Pourquoi Bruxelles doit investir dans le stationnement vélo sécurisé
Chaque année, plus de 12.000 vélos sont volés à Bruxelles. Derrière ce chiffre, il y a des cyclistes qui renoncent à rouler, des familles qui hésitent à franchir le pas et des dizaines de millions d’euros qui s’évaporent chaque année. Face à cela, 15.000 Bruxellois·es attendent une place de stationnement vélo sécurisé. Avello demande à la Région d’investir à la hauteur de ce besoin.
Un problème bien plus grand que ce que disent les chiffres
En moyenne sur les dix dernières années, 4.263 vélos sont, annuellement, signalés volés à la police en Région bruxelloise (voir graphique ci-dessous) [1]. Mais seul un vol sur trois ferait l’objet d’une plainte : le chiffre réel avoisinerait donc plutôt les 13.000 vélos volés par an.

Graphique des statistiques de figures criminelles – Police Fédérale
Les cyclistes confirment cette réalité : un cycliste sur cinq a été victime d’un vol de vélo ces deux dernières années, et dans 70 % des cas, le vol a eu lieu sur l’espace public [2]. Il y a donc un réel problème.
Et il pourrait être encore plus grand. Avello reçoit de plus en plus de témoignages de vols de batteries de vélos électriques, un phénomène pour lequel il n’existe aujourd’hui aucun chiffre précis.
Pourquoi il faut lutter contre le vol de vélo
Le coût d’abord. Avec une indemnisation moyenne de 1.978 € par vol par les assurances, la facture atteint ainsi plusieurs millions d’euros par an à Bruxelles [3]. Et c’est sans compter les batteries qui ne peuvent pas être assurées, et dont le prix oscille entre 500 et 1.000 €/l’unité.
Mais le coût n’est pas que financier. La peur du vol constitue un frein important à l’achat d’un premier vélo, et beaucoup de victimes hésitent à en racheter un. Chaque vol ralentit donc la pratique du vélo et fait obstacle aux objectifs de part modale de la Région.
Des solutions à tous les niveaux de pouvoir
Au niveau fédéral, Avello plaide pour un renforcement de l’action de la police et de la justice, ainsi que pour l’enregistrement d’un maximum de vélos dans le nouveau registre national MyBike, avec l’obligation pour tous les vélos neufs d’être enregistrés sur Mybike, dès l’achat, ou lors de la revente, par des professionnels.
Au niveau régional et communal, le levier le plus direct est d’investir dans le stationnement vélo sécurisé.

Le 6 octobre dernier, Avello était au Parlement bruxellois aux côtés d’autres associations du secteur (Fietsersbond, Pro Velo et CyCLO) pour faire entendre la voix des cyclistes. En insistant, notamment, sur la nécessite d’investir dans le stationnement vélo sécurisé.
Ce qui existe aujourd’hui à Bruxelles
Bruxelles compte 34.240 arceaux, principalement destinés au stationnement de courte durée. À côté de cela, parking.brussels gère environ 9.000 places sécurisées, via une offre diversifiée :
- Des box vélo (6.057 places) et des locaux vélos (1.682 places), principalement pour les riverain·e·s ;
- Des Bike & Ride (150 places), pour favoriser l’intermodalité entre le vélo et les transports en commun, ou la voiture ;
- Trois grands parkings (Bourse, De Brouckère et Flagey qui comptabilisent 1.138 places), utiles tant aux riverain·e·s qu’aux personnes qui souhaitent mettre leur vélo à l’abri lors d’une sortie.
Cette offre reste toutefois limitée sur un point essentiel : à peine 3 % des 9.000 places sont adaptées aux vélos-cargos. À l’heure où l’on veut accompagner un maximum de personnes, et donc les familles, vers des modes de déplacement plus respectueux de l’environnement, une offre qui réponde à leurs besoins est indispensable.
Rappelons enfin que l’ensemble du stationnement vélo à Bruxelles, arceaux et stationnement sécurisé confondus, n’occupe que 0,1 % de l’espace public.[4]
Une demande qui dépasse largement l’offre
15.000 personnes sont aujourd’hui sur liste d’attente pour une place sécurisée, dont 500 inscrites pour le seul mois de juillet 2026. Cette liste est parfaitement à jour : les candidat·e·s doivent confirmer chaque année qu’elles et ils souhaitent toujours une place.

Carte de chaleur de la demande en stationnement vélo sécurisé
Elle sous-estime pourtant la demande réelle. Certain·e·s ont perdu espoir, d’autres ne connaissent tout simplement pas le service. La demande est surtout concentrée dans la première couronne bruxelloise (voir carte ci-dessus), là où la densité de population est la plus élevée.
Investir dans le stationnement sécurisé, des bénéfices à plusieurs niveaux
Investir dans le stationnement sécurisé, c’est à la fois :
- Prévenir les coûts qui sont liés au vol de vélo ;
- Lutter contre la précarité de mobilité : plus un logement est petit, plus il est difficile d’y ranger son vélo ;
- Encourager la pratique du vélo et atteindre les objectifs de part modale ;
- Libérer de l’espace public : un box vélo offre cinq places sécurisées, soit une alternative de mobilité pour cinq personnes.
Le vol de vélo n’est pas une fatalité, ni un simple fait divers : c’est un frein concret à la pratique du vélo et un coût considérable pour les Bruxellois·es. Avec 15.000 personnes en attente d’une place, la demande est là. Reste à la Région de se donner les moyens d’y répondre.
Sources
- Graphique des statistiques de figures criminelles – Police Fédérale
- Observatoire du vélo, Enquête continue, 2025 – Pro Velo
- Le vol reste un élément déclencheur important pour les assurances vélo, 2026 – Assuralia
- Analyse de la répartition modale de l’espace public en RBC, 2025 – Les Chercheurs d’air, BRAT
Nos demandes
- Investir dans le stationnement vélo sécurisé, en priorité dans les quartiers densément peuplés ;
- Créer un réseau de parkings vélos sécurisés à proximité des lieux d’intérêt (salles de sport, cinémas, centres administratifs…), avec contrôle d’accès et facilement accessibles ;
- Étudier la demande d’arceaux dans les lieux à forte fréquentation ;
- Créer une task force « vol de vélo » à Bruxelles, pour coordonner les efforts des différents acteurs.