SNCB : des quais accessibles aux vélos ?
SNCB : des quais accessibles aux vélos ?
Avello déplore que de nombreux quais de gare soient toujours aussi peu accessibles aux voyageurs avec un vélo : ni ascenseur, ni escalator, ni rampe… Une simple goulotte vélo, bien conçue, peut déjà aider. Mais, depuis cinq ans, leur pose sur des escaliers existants est suspendue à l’approbation d’un modèle qui n’entrave pas les personnes à mobilité réduite (PMR). Après de nombreux tests menés avec les associations cyclistes et PMR, une solution a enfin été trouvée en décembre dernier. Cependant, compte tenu des contraintes de fournitures via marchés publics, il faudra attendre 2027 pour la pose des premières goulottes au nouveau format.
Embarquer son vélo dans le train, c’est possible ! Mais pas toujours facile lorsqu’il s’agit de franchir des escaliers pour accéder aux quais d’embarquement. Depuis plusieurs années, la SNCB cherche à valider un nouveau modèle de goulottes vélo qui puisse s’adapter à l’ensemble des escaliers existants, tout en conciliant les besoins des différents usagers en termes d’accessibilité et de sécurité.
Un premier modèle, testé en 2021 en gare de Bruxelles-Chapelle, avait reçu un retour plutôt positif des usagers. Mais il n’a pas décroché la certification nécessaire côté PMR. Un second modèle a été testé en 2023 en gare de Boitsfort, mais a essuyé des critiques très négatives, tant des cyclistes que des personnes à mobilité réduite.
Un troisième modèle (photo ci-contre) a été testé à Huizingen en décembre 2025. Et cette fois-ci le test s’est révélé positif, tant du côté des associations cyclistes que PMR. Ce n’est pas le modèle idéal absolu, mais un compromis entre accessibilité vélo et accessibilité PMR. Toutefois on avance à nouveau après cinq années de tergiversations !
Les points d’attention qui subsistent
Pour les anciens escaliers équipés la situation est contrastée. Certains ne répondent pas toujours adéquatement aux besoins des cyclistes (goulottes trop glissantes, pas suffisamment écartées du mur, rail inadapté…), et leur installation passée s’est parfois faite au détriment de l’accessibilité PMR.
Une dimension à intégrer dès la conception
Pour les nouveaux escaliers que la SNCB construit actuellement, la goulotte est inclue directement dans la maçonnerie. De telle sorte qu’elle ne pose pas de soucis pour les PMR (puisque elle n’est pas en surplomb d’un escalier existant). Intégrer correctement la dimension « vélo » directement lors de la conception des projets permet d’obtenir de meilleurs résultats et s’avère généralement moins coûteux que des interventions ultérieures.
Néanmoins ce n’est pas toujours parfait. De récents (contre-)exemples chez nous démontrent que le principe est loin d’être toujours bien pensé ! À Bruxelles-Nord, les goulottes vélos des escaliers récents essuient les critiques de la clientèle à vélo : accolées à la main courante, elles se révèlent bien plus compliquées à utiliser que les anciennes installations.

À Mouscron, la suppression d’un passage à niveau (pour des raisons de sécurité routière) s’est accompagnée de la création d’un tunnel sous voies afin garantir le passage pour les cyclistes et les piétons. La raideur de la pente le rend malheureusement peu praticable, pour les cyclistes comme pour les personnes moins valides, et impose un détour de plus d’un kilomètre pour celles et ceux qui n’ont pas les capacités physiques de la franchir.
Et chez nos voisins étrangers ?
Un rapide tour d’horizon des modèles existants à l’étranger démontre très vite qu’il n’existe, là-bas comme ici, aucune unité en la matière. Les solutions sont variables lorsqu’il s’agit de pallier l’absence de prise en compte des cyclistes lors de la conception des infrastructures… avec, au final, des résultats plus ou moins heureux.

Photo de gauche (gare de Nantes) : bon exemple. Photo de droite (gare d’Orchies) : rampe utilisable pour les vélos mais aussi pour les valises à roulettes, avec portillon de sécurité en haut de l’escalier. La largeur et l’emplacement du dispositif ne permet malheureusement pas aux voyageurs d’accéder à la main courante.
Vers plus d’inclusivité à vélo ?
Aux Pays-Bas, nos homologues néerlandais du Fietsersbond s’inquiètent plus largement du manque d’attention portée aux cyclistes moins valides (les goulottes s’adressent majoritairement aux vélos classiques et à des personnes en bonne forme physique). L’association pointe ainsi la multiplication des parkings vélo souterrains, dans les gares notamment, afin de libérer l’espace public en surface. Ainsi, sur 11 parkings vélo récents à Amsterdam, 3 seraient correctement accessibles, 6 d’une accessibilité variable, et 2 d’une accessibilité médiocre. Certains ne disposent pas d’ascenseur, ni de tapis roulant, mais uniquement d’escaliers avec goulottes parfois jugés trop raides par le Fietsersbond.

Pour les personnes plus faibles physiquement, les personnes âgées ou les personnes en situation de handicap, l’accès à ces parkings vélo est bien souvent compliqué, voire carrément impossible. La municipalité envisage donc de mieux prendre en compte cette problématique dans le cadre d’une nouvelle directive pour le stationnement des vélos.
De notre côté la frontière, la question de l’accessibilité cycliste se limite encore souvent à l’image « classique » du cycliste. Ces questionnements concernant l’inclusivité devraient pourtant davantage nourrir la réflexion autour de la conception de projets, chez nous aussi.