Paulo à vélo, jardinier liégeois
Paulo à vélo, jardinier liégeois
Jardinier à vélo ? C’est possible. Paulo Seixas fait ce métier à Liège depuis avril 2025. Il nous raconte les spécificités de son activité, les avantages que le vélo lui donne et son parcours et ses envies pour rendre Liège plus cyclable.
Comment s’est lancé ce projet de jardinier à vélo ?
Paulo Seixas : Durant le confinement, j’ai passé beaucoup de temps dans mon jardin. À la sortie de crise, j’ai perdu mon emploi. J’ai alors commencé une formation à l’école d’horticulture et de maraichage de la Ville de Liège, pendant trois ans.
En parallèle, comme j’ai toujours roulé à vélo pour aller travailler, j’avais envie de garder ce moyen de déplacement. J’étais notamment inspiré par les acteurs de la cyclologistique comme Rayon 9 à Liège et par d’autres artisans à Bruxelles et dans les grandes villes françaises qui assurent déjà leurs déplacements à vélo : jardinier, menuisier, plombier, électricien… Et je me suis dit : pourquoi pas jardinier à vélo à Liège ?
Quels sont tes arguments pour attirer tes clients vers ton offre de jardinier à vélo ? Quels sont les avantages à faire ce travail à vélo ?
Il y a plusieurs types de clients : celles et ceux sensibles au fait que je me déplace à vélo et donc contents de solliciter une activité en réduisant leur empreinte carbone. Et celles et ceux sensibles à la proximité et aux avantages pratiques, comme le fait que je puisse intervenir dans des endroits difficiles d’accès pour un entrepreneur en camionnette. Je n’ai pas besoin de réserver des places de stationnement, je peux venir aussi pour des petits travaux. Après, je vais forcément m’orienter vers des projets de jardin plutôt urbain, à la taille limitée (de 200 à 300 m2). Je n’ai pas l’outillage ni la capacité pour assurer le travail d’un énorme espace vert, mais avec la remorque et le vélo cargo, c’est quand même un mètre cube pour une centaine de kilos que je peux transporter aisément.
Et les avantages pour toi ?
La démarche en soi ajoute du sens à ce que je fais. L’intérêt économique est aussi un atout : le coût des assurances, des entretiens et du « carburant » sont clairement beaucoup plus faibles. Enfin, la simplicité de se déplacer à vélo : je me faufile assez facilement partout dans l’hypercentre, tout en évitant une grande partie du trafic automobile, ce qui me fait gagner du temps et rend mes trajets de travail bien plus agréables.
Ça doit attiser la curiosité des passants et des confrères et consœurs ?
Il y a une curiosité, c’est sûr, même si c’est difficile pour un jardinier déjà en place de switcher vers ce mode-là. Par contre, pour des artisans encore en formation, ça peut être une opportunité d’imaginer leur métier à vélo. Il reste encore un gros travail à faire pour développer cette possibilité. En France par exemple, il existe Les boîtes à vélo, une asso qui regroupe, soutient et conseille les (futurs) professionnels qui travaillent à vélo. Il y a vraiment pas mal de métiers que l’on peut imaginer à deux roues !
Les acteurs publics ont-ils un rôle à jouer ?
Il y a deux volets selon moi. Un volet économique, sur lequel la Région wallonne a déjà enclenché une dynamique avec la prime à l’achat d’un vélo-cargo, ce qui m’a permis de m’équiper d’une remorque par exemple. Il faut néanmoins avoir un statut d’indépendant ou être en ASBL pour en bénéficier. Un volet infrastructure ensuite : il faut des axes structurants continus, et un stationnement adapté à ce gabarit, des arceaux plus écartés avec une longueur plus importante pour les manœuvres.
Comment vois-tu la ville de demain ?
J’espère voir d’autres artisans à vélo à Liège. Il faut faire savoir qu’on peut entreprendre à vélo, et donc qu’il y ait une réelle politique cyclable qui s’accélère, au niveau de la Région et de la ville.
Comment peut-on te contacter ?
Par mail à seixas_paulo@outlook.com, ou par téléphone au 0476/056.822
Cet article est tiré du Mag Avello d’avril 2026.
Envie de recevoir nos contenus en exclusivité, dans votre boîte aux lettres ou votre boîte mail ?
Devenez membre cotisant !