Garantir la continuité du vélo partagé

Garantir la continuité du vélo partagé

12 août 2026 · Mis à jour par Oscar Curtil (01/09/2026)

20260812 - Bruxelles - Vélos et trottinettes partagées

Le 29 juillet, le Conseil d’État a annulé les licences de cyclopartage actuellement en vigueur à Bruxelles. Cette décision fait suite au recours introduit par Lime, qui n’avait pas obtenu de licence suite au marché public de 2023. Des négociations entre la Région et les différents opérateurs ont débouché sur une solution temporaire en attendant un nouveau marché public en 2028. D’ici là, les usagers continueront de profiter des vélos partagés à Bruxelles.

Pour Avello, cette situation pose une question essentielle : comment garantir la continuité d’une offre de mobilité aujourd’hui largement utilisée par les Bruxellois·es ?

Une offre qui répond à un besoin réel

Le vélo partagé fait désormais partie du paysage bruxellois. En 2025, près de 5 millions de trajets ont été réalisés avec des vélos partagés dans la Région. En additionnant vélos et trottinettes, ce sont 14,5 millions de trajets qui ont été effectués.

Ces chiffres montrent que ces services répondent à des besoins concrets : se déplacer quotidiennement, rejoindre son lieu de travail ou d’études, effectuer un trajet court ou encore compléter un déplacement réalisé en transports en commun.

Une décision juridique, pas une décision politique

Contrairement aux trottinettes partagées, dont le gouvernement bruxellois avait déjà annoncé la fin à partir du 1er janvier 2027, la crainte de la disparition des vélos partagés n’était pas le résultat d’une décision politique. Le gouvernement avait au contraire prévu de maintenir cette offre.

L’annulation des licences découle d’un recours introduit par Lime, qui contestait la procédure d’attribution des licences. Le Conseil d’État a ensuite acté la fin de l’offre de vélos partagés en libre-service, une conséquence que le gouvernement n’avait pas choisie.

Le problème qui se pose concerne les usagers : si une offre de vélos partagés disparait, c’est une possibilité de déplacement pour une partie de la population qui disparait.

Villo! ne peut pas remplacer cette offre

Si Bruxelles dispose bien du système public de vélos partagés Villo!, ce dernier ne répond pas aujourd’hui à l’ensemble des besoins des usagers. Les vélos sont trop lourds et souvent dans un mauvais état, et les stations sont trop éloignées (voir l’analyse d’Avello).

Dans ces conditions, la disparition d’une flotte de vélos et de trottinettes en free-floating ne peut pas être compensée simplement par les vélos Villo! disponibles aujourd’hui.

Cette situation démontre l’importance pour la Région de disposer d’une offre publique performante de vélos partagés. Une politique de mobilité ne doit pas dépendre de décisions prises par des opérateurs privés ou de marchés publics dont les effets peuvent être remis en cause plusieurs années plus tard.

Partage vs possession

La solution d’acheter un vélo personnel ne conviendra pas à tout le monde.

D’abord parce que la possession d’un vélo implique de le stationner en sécurité. Dans une Région où toutes les personnes ne disposent pas d’un espace adapté, cette condition constitue déjà un frein. Ensuite parce que l’achat ou le leasing ne permettent pas non plus de répondre au besoin de personnes qui souhaitent combiner ponctuellement vélo et transports en commun, sans devoir posséder et entretenir leur propre vélo.

Une solution transitoire jusqu’en 2028

Le gouvernement bruxellois et les acteurs du secteur se sont mis autour de la table à la mi-août, et une solution transitoire a été trouvée. Dès le 1er septembre, chaque opérateur pourra obtenir une licence pour une flotte de 2 500 vélos partagés. De nouveaux opérateurs peuvent donc s’installer sur le marché bruxellois. Ce régime transitoire restera d’application jusqu’à la mi-2028, date à laquelle un nouveau marché public sera organisé : deux licences de 4 800 vélos chacune seront alors mises en concurrence.

Du côté des trottinettes partagées, la décision d’en interdire l’offre à partir du 1er janvier 2027 est quant à elle maintenue.

Les points de vigilance d’Avello

Si cette solution transitoire permet d’éviter une interruption brutale de l’offre, Avello restera attentif à plusieurs éléments dans les mois à venir :

  • Le nombre de vélos partagés sur l’espace public. Les tentatives de régulation avaient le mérite de cadrer leur emprise sur l’espace public — un équilibre à ne pas perdre de vue, à mesure que de nouveaux opérateurs pourraient s’installer.
  • Le prochain marché public. Nous ne pouvons plus nous permettre de voir cette offre de mobilité mise à mal une nouvelle fois, et mettre des milliers de Bruxellois·es dans l’embarras comme cela a été le cas cet été.
  • Villo! Il est essentiel qu’un nouvel opérateur pour les vélos partagés en station soit trouvé rapidement, et que l’offre réponde réellement aux besoins des Bruxellois·es.