Garantir la continuité du vélo partagé
Garantir la continuité du vélo partagé
Le 29 juillet, le Conseil d’État a annulé les licences de cyclopartage actuellement en vigueur à Bruxelles. Cette décision fait suite au recours introduit par Lime, qui n’avait pas obtenu de licence suite au marché public de 2023. Les opérateurs concernés doivent désormais retirer leurs vélos et trottinettes au plus tard le 1er septembre.
Pour Avello, cette situation pose une question essentielle : comment garantir la continuité d’une offre de mobilité aujourd’hui largement utilisée par les Bruxellois·es ?
Une offre qui répond à un besoin réel
Le vélo partagé fait désormais partie du paysage bruxellois. En 2025, près de 5 millions de trajets ont été réalisés avec des vélos partagés dans la Région. En additionnant vélos et trottinettes, ce sont 14,5 millions de trajets qui ont été effectués.
Ces chiffres montrent que ces services répondent à des besoins concrets : se déplacer quotidiennement, rejoindre son lieu de travail ou d’études, effectuer un trajet court ou encore compléter un déplacement réalisé en transports en commun.
Une décision juridique, pas une décision politique
Contrairement aux trottinettes partagées, dont le gouvernement bruxellois avait déjà annoncé la fin à partir du 1er janvier 2027, la disparition des vélos partagés n’est pas le résultat d’une décision politique. Le gouvernement avait au contraire prévu de maintenir cette offre.
L’annulation des licences découle d’un recours introduit par Lime, qui contestait la procédure d’attribution des licences. Le Conseil d’État a ensuite acté la fin de l’offre de vélos partagés en libre-service, une conséquence que le gouvernement n’avait pas choisie.
Le problème qui se pose concerne les usagers : supprimer une offre de vélos partagés, c’est supprimer une possibilité de déplacement pour une partie de la population.
Villo! ne peut pas remplacer cette offre
Si Bruxelles dispose bien du système public de vélos partagés Villo!, ce dernier ne répond pas aujourd’hui à l’ensemble des besoins des usagers. Les vélos sont trop lourds et souvent dans un mauvais état, et les stations sont trop éloignées (voir l’analyse d’Avello).
Dans ces conditions, la disparition d’une flotte de vélos et de trottinettes en free-floating ne peut pas être compensée simplement par les vélos Villo! disponibles aujourd’hui.
Cette situation démontre l’importance pour la Région de disposer d’une offre publique performante de vélos partagés. Une politique de mobilité ne doit pas dépendre de décisions prises par des opérateurs privés ou de marchés publics dont les effets peuvent être remis en cause plusieurs années plus tard.
Partage vs possession
La solution d’acheter un vélo personnel ne conviendra pas à tout le monde.
D’abord parce que la possession d’un vélo implique de le stationner en sécurité. Dans une Région où toutes les personnes ne disposent pas d’un espace adapté, cette condition constitue déjà un frein. Ensuite parce que l’achat ou le leasing ne permettent pas non plus de répondre au besoin de personnes qui souhaitent combiner ponctuellement vélo et transports en commun, sans devoir posséder et entretenir leur propre vélo.
Quelle solution transitoire ?
Le gouvernement bruxellois et les acteurs du secteur doivent maintenant se mettre autour de la table afin de trouver une solution. Une rencontre est prévue à la mi-août.
À long terme, une nouvelle procédure sera probablement mise en place. Mais un nouveau marché public ne se prépare pas en quelques jours : entre la définition du cadre, la procédure d’attribution et la mise en service des opérateurs, plusieurs mois peuvent être nécessaires. C’est trop pour les usagers.
Alors que Bruxelles cherche à réduire la place occupée par la voiture et à offrir davantage d’alternatives pour les déplacements quotidiens, il serait paradoxal de perdre une offre utilisée pour plusieurs millions de trajets chaque année sans proposer de solution de remplacement.
Avello demande donc au gouvernement bruxellois et aux différents opérateurs d’agir rapidement pour garantir la continuité du cyclo-partage en libre-service et éviter toute interruption dans l’offre. Le temps d’une nouvelle procédure, les Bruxellois·es doivent pouvoir continuer à compter sur cette offre de mobilité.